Mentions légales d'un site web : ce qui est obligatoire en 2025

Par Julien Mercier
Écran affichant la page de mentions légales d'un site web professionnel en 2025

Les mentions légales d'un site web sont obligatoires pour toute activité professionnelle en France, sous peine d'une amende pouvant atteindre 75 000 € pour une personne physique et 375 000 € pour une société. Elles identifient l'éditeur, l'hébergeur et le responsable de publication. En 2025, avec le RGPD et la directive Omnibus, la liste s'est allongée. Voici précisément ce que vous devez afficher, où, et ce que vous risquez en cas d'oubli.

Ce que la loi impose vraiment dans les mentions légales d'un site web

La base juridique tient dans l'article 6-III de la loi pour la confiance dans l'économie numérique (LCEN) du 21 juin 2004. Elle exige que tout éditeur d'un service en ligne se rende identifiable. Concrètement, dès qu'un site sert une activité professionnelle — même une simple page vitrine sans vente — les mentions légales du site web deviennent obligatoires et doivent rester accessibles depuis chaque page, généralement via un lien en pied de page.

Pour une entreprise ou un professionnel

Vous devez afficher la dénomination sociale, la forme juridique, le montant du capital social, l'adresse du siège, le numéro RCS avec la ville du greffe, le numéro de TVA intracommunautaire si vous y êtes assujetti, ainsi que le nom du directeur de publication. Pour un artisan, ajoutez le numéro d'immatriculation au Répertoire des métiers. Les professions réglementées (avocats, agents immobiliers, experts-comptables) mentionnent en plus leur ordre et leurs règles professionnelles.

Pour un particulier ou une association

Un particulier qui édite un site non commercial peut rester anonyme vis-à-vis du public, à condition de communiquer son identité complète à l'hébergeur. Mais dès qu'une publicité, un lien affilié ou une activité rémunérée apparaît, il bascule dans le régime professionnel. Une association loi 1901 indique son nom, l'adresse de son siège et le nom du responsable de publication. Dans tous les cas, les coordonnées de l'hébergeur — nom, raison sociale, adresse et téléphone — restent obligatoires, y compris pour un blog personnel.

Générateur de mentions légales : ce qu'il génère bien et ses angles morts

Les générateurs gratuits (celui de la CNIL, ceux d'hébergeurs comme OVH, ou des plateformes juridiques) produisent une base honnête en cinq minutes. Ils remplissent correctement l'identité de l'éditeur et de l'hébergeur à partir d'un formulaire. J'en teste régulièrement dans mes projets clients : la structure est fiable, mais elle reste générique et ignore souvent votre situation réelle.

Les champs qu'un générateur oublie

Premier angle mort : la propriété intellectuelle. Un bon texte précise que les contenus, logos et photos sont protégés — un générateur basique se contente d'une phrase passe-partout. Deuxième oubli fréquent : le médiateur de la consommation, obligatoire depuis 2016 pour tout professionnel vendant à des particuliers. Son absence est passible d'une amende de 3 000 €. Troisième trou : les cookies et le traitement des données, que beaucoup de générateurs renvoient à une politique séparée sans la créer.

Comment fiabiliser le résultat

Reprenez toujours le brouillon à la main. Vérifiez que votre numéro RCS correspond à votre extrait Kbis, que l'adresse d'hébergement est celle de vos serveurs actuels (elle change si vous migrez), et que le nom du directeur de publication est bien celui du représentant légal. Si vous construisez une page complète, appuyez-vous sur la structure décrite dans notre guide du site vitrine d'entreprise et ses pages indispensables pour ne pas oublier la page dédiée. Un générateur vous fait gagner du temps, jamais un contrôle juridique.

Rédaction commentée des mentions légales d'un site web avec un générateur en ligne

CGV, CGU et RGPD : les documents qui complètent vos mentions légales

Les mentions légales ne suffisent presque jamais seules. Trois documents les entourent, avec des obligations distinctes selon ce que fait votre site. Les confondre est l'erreur la plus courante que je vois chez les débutants.

CGV : obligatoires dès que vous vendez

Les CGV d'un site internet deviennent obligatoires dès la première vente à un consommateur. Elles fixent le prix, les modalités de paiement, les délais de livraison, le droit de rétractation de 14 jours et les garanties légales. Leur absence sur une boutique en ligne expose à une amende administrative de 15 000 € pour un professionnel. Contrairement à une idée reçue, elles ne sont pas exigées entre professionnels sauf sur demande — mais les rédiger reste prudent.

CGU : utiles mais rarement imposées

Les CGU obligatoires ne le sont en réalité que pour certains services : plateformes, espaces membres, sites collaboratifs. Elles encadrent l'usage du site, la modération et la responsabilité. Un simple site vitrine peut s'en passer, mais elles protègent utilement dès qu'il existe un formulaire de contact ou des commentaires.

RGPD : le socle transversal

Le RGPD d'un site web s'applique dès qu'un formulaire collecte un e-mail ou qu'un cookie de mesure d'audience se dépose. Vous devez publier une politique de confidentialité, recueillir le consentement pour les cookies non essentiels via un bandeau conforme, et permettre l'exercice des droits d'accès et de suppression. La CNIL a prononcé plusieurs dizaines de mises en demeure en 2024 sur les seuls bandeaux cookies non conformes.

Sanctions réelles : ce que vous risquez concrètement en cas d'oubli

Le sujet reste flou pour beaucoup, alors voici les chiffres exacts prévus par les textes, avec la source de chaque risque. Les montants affichés sont des plafonds : en pratique, les tribunaux et la DGCCRF sanctionnent proportionnellement, mais les mises en demeure, elles, tombent régulièrement.

ManquementSanction encourueBase légale
Absence de mentions légales75 000 € (personne physique) / 375 000 € (société) + 1 an de prisonLCEN art. 6
CGV absentes ou incomplètes (B2C)15 000 € (personne physique) / 75 000 € (société)Code de la consommation
Pas de médiateur de la consommation3 000 € / 15 000 € (société)Code de la consommation art. L616-1
Bandeau cookies non conformeJusqu'à 2 % du chiffre d'affaires annuelRGPD / CNIL
Absence de politique de confidentialitéJusqu'à 20 M€ ou 4 % du CA mondialRGPD art. 83

Qui contrôle réellement

Trois autorités interviennent. La DGCCRF vérifie les CGV et l'information du consommateur lors de campagnes ciblées, souvent après un signalement client. La CNIL agit sur les cookies et les données personnelles, presque toujours après plainte. Un concurrent ou un client mécontent peut aussi saisir le tribunal en référé. Dans la majorité des cas que j'observe, la première étape n'est pas l'amende mais une mise en demeure avec délai de mise en conformité — l'ignorer transforme un rappel gratuit en procédure coûteuse.

Contrôle de conformité des mentions légales et sanctions RGPD d'un site web

Où placer vos mentions légales sur le site et comment les rendre accessibles

La loi impose que les mentions soient accessibles « de manière permanente et facile ». Un lien perdu dans une page interne ne suffit pas. La pratique validée consiste à placer un lien texte clair dans le pied de page, visible sur chaque page du site, menant à une page dédiée à URL stable (type /mentions-legales).

La structure d'une page conforme

Séparez visuellement les blocs : éditeur, directeur de publication, hébergeur, propriété intellectuelle, données personnelles et cookies, médiateur. Cette hiérarchie aide le lecteur pressé comme l'agent de contrôle. Ajoutez la date de dernière mise à jour : elle prouve que vous entretenez le document. Pour un artisan qui présente ses réalisations et ses tarifs, les obligations se combinent — le détail des coûts et des pages figure dans notre guide du site internet pour artisan avec exemples et coûts réels, où la page légale fait partie du livrable minimum.

Les erreurs de placement fréquentes

Ne cachez jamais les mentions derrière une image cliquable sans texte : un moteur d'accessibilité ne la lit pas. Évitez aussi de fusionner mentions légales, CGV et confidentialité en une seule page fourre-tout illisible : trois liens distincts valent mieux. Enfin, pensez au mobile — plus de 60 % du trafic vitrine passe par smartphone, et un pied de page où le lien devient introuvable au doigt vous met en défaut. Un test simple : ouvrez votre site sur téléphone et essayez d'atteindre les mentions en moins de deux clics.

Mettre à jour et maintenir vos mentions légales dans le temps

Des mentions justes le jour de la mise en ligne peuvent devenir fausses six mois plus tard. Un changement d'hébergeur, une augmentation de capital, un déménagement de siège ou l'ajout d'une boutique modifient les informations obligatoires. Un texte périmé équivaut juridiquement à une information erronée, ce qui est sanctionnable au même titre qu'une absence.

Le calendrier de vérification

Prenez l'habitude d'une relecture à chaque événement structurant et d'un contrôle annuel systématique. Vérifiez en priorité l'adresse et le téléphone de l'hébergeur si vous avez migré, le numéro RCS après toute modification statutaire, et la conformité du bandeau cookies après chaque changement d'outil de mesure d'audience — installer un nouvel outil analytics réactive l'obligation de consentement.

Ce que vous pouvez gérer seul

La mise à jour des coordonnées, la date de révision et l'ajout d'un médiateur relèvent de votre autonomie. En revanche, dès que vous ouvrez la vente ou traitez des données sensibles, un regard juridique reste recommandé au moins une fois. Si vous êtes en train de créer un site internet pour son entreprise, intégrez la page légale dès la maquette plutôt que de la bricoler après le lancement : c'est deux heures de travail en amont contre une mise en demeure évitée. Concrètement, planifiez un rappel annuel dans votre agenda, gardez une copie datée de chaque version, et vous transformez une contrainte réglementaire en simple routine de maintenance.

Questions fréquentes

Les mentions légales sont-elles obligatoires pour un site vitrine sans vente ?

Oui, dès que le site sert une activité professionnelle, même sans boutique. La LCEN impose d'identifier l'éditeur et l'hébergeur sur tout service en ligne pro. Un simple site vitrine d'artisan ou de TPE doit donc afficher ses mentions légales complètes, sous peine d'une amende pouvant atteindre 75 000 € pour une personne physique.

Quelle différence entre mentions légales, CGV et politique de confidentialité ?

Les mentions légales identifient qui édite et héberge le site. Les CGV encadrent la vente : prix, livraison, rétractation, obligatoires dès la première vente à un particulier. La politique de confidentialité, exigée par le RGPD, explique comment vous collectez et traitez les données personnelles. Ce sont trois documents distincts, idéalement accessibles par trois liens séparés en pied de page.

Peut-on utiliser un générateur gratuit de mentions légales sans risque ?

Un générateur produit une base fiable pour l'identité de l'éditeur et de l'hébergeur, mais il oublie souvent le médiateur de la consommation, la propriété intellectuelle précise et les cookies. Reprenez toujours le texte à la main pour vérifier votre numéro RCS, l'adresse réelle de votre hébergeur et l'ajout des documents complémentaires exigés selon votre activité.

Que risque-t-on vraiment si les mentions légales sont absentes ?

En théorie jusqu'à 75 000 € d'amende et un an de prison pour une personne physique, davantage pour une société. En pratique, la sanction arrive rarement d'emblée : la DGCCRF ou la CNIL envoient d'abord une mise en demeure avec un délai de mise en conformité. L'ignorer transforme ce rappel gratuit en procédure réellement coûteuse.